mercredi 26 mars 2014

Bonjour chômage! Tu ne m'avais pas manqué!

"Tu comprends, la société va mal. Le carnet de commande ne se rempli pas. Je veux bien te garder mais je ne sais même pas si je pourrais payer ton salaire le mois prochain. J'ai bien pensé à un mi-temps ou a partagé ton poste avec des missions commerciales, mais je me suis dit que ça te gonflerait et que tu allais finir par partir. Alors autant que tu partes tout de suite. J'ai déjà vu mes avocats qui m'ont dit que la seule chose à faire était de me séparer de toi. Ta période d'essai prend donc fin ce soir, tu ne reviendras pas lundi. Si je peux faire quelque chose pour toi, des recommandations par exemple, il n'y a aucun souci."

 La nouvelle est tombée, comme ça, de nulle part. 

Le patron est entré dans le bureau et a dit "on peut se parler?". Et j'ai dit oui. Il n'y avait plus personne. Juste lui et moi, et cette terrible nouvelle.


Trop choquée, je n'ai vraiment pas su quoi lui répondre. Dans ma tête je me voyais déjà annoncé mon renvoi (parce que j'ai pris ça come un renvoi ) à mes parents et à Chéri d'Amour. Je ne l'écoutais plus, j'étais perdue.

J'ai juste bredouillé un oui d'accord, en me retenant fort de ne pas pleurer. 

Manquerait plus que ça. Pleurer pour du travail. Je suis plus forte que ça.

J'ai bien vu qu'il y avait des soucis de trésorerie, je ne suis pas idiote (les clients qui reçoivent des factures incohérentes, les fournisseurs qui appellent pour dire qu'ils n'ont été payé qu'à moitié.) Mais jamais mon contrat n'a été remis en cause. Jamais. Jusqu'à ce fameux soir!

On m'a même dit fin février "mais désinscrit toi de pôle emploi, tu fais partie de la société maintenant!" Ok, ben je me suis évitée bien des démarches à ne pas me désinscrire!

Une maigre consolation dans ce manque total d'anticipation. 



Il aurait pu répondre à ma demande d'entretien sur "mon avenir dans la société et ses projets" dés février, quand je lui ai plusieurs fois demandé. Mais non. Il a préféré attendre, attendre, repousser, me laisser dans le flou et dans l'attente... Organiser un apéro surprise avec mes collègues pour leur dire "au fait, demain c'est le dernier jour de votre collaboratrice!" et me laisser complètement démunie face à cette annonce.

C'est vrai, les ennuis financiers de la société ont du démarré il y a 48h, et j'étais la seule pigeonne en contrat facilement virable de présente. 

Bref.... Je déteste être prise au dépourvu.
J'anticipe les choses, c'est dans ma nature. Les problèmes, les changements, je me pose et je réfléchis, je prévois j'anticipe.
Mais là je n'ai rien vu venir.

Ne jamais faire confiance à une entreprise ou un patron, même s'il se dit "paternel", "familial", et j'en passe des meilleurs.

Au final mes copines avaient raison: ne pense qu'à toi, eux se foutent de toi. 

Ben voilà. On m'aura eu et giflé qu'une fois. On ne m'y reprendra plus! Miss Sisco l'impitoyable avec le monde du travail vient de sortir de sa cage, et on a malheureusement perdu ma clé pour la renfermer.


Si je dépasse l'amertume (au bout d'une semaine, j'ai a peu près digéré la nouvelle) de cette situation, je vois les bons côtés de la chose :
- ce n'était pas le boulot de ma vie, je pensais déjà à m'en aller. Il a juste pris les devants...
- je trouverais j'espère mieux payé!
- je trouverais plus au sud! En tout cas c'est l'objectif que je me donne!
- j'ai du temps pour finir les préparatifs de mariage

Enfin voilà, me revoici sur le marché du travail! Dans les prospections, la traque des annonces, la séduction de mes futurs employeurs, la course aux rdv et entretiens. Quelle aventure qui ne vend aucun rêve je vois là...


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

A bientôt