mercredi 5 mars 2014

Les jeunes, le travail et la morale...


Il y a quelques jours, j'ai vu sur l'apec l'offre d'emploi de mes rêves.

Bac+5 qualité, débutant accepté, avoir déjà effectué tâches et missions que j'ai réalisé au cours de mon alternance, poste en CDI... bref tout parfaitement adapté à mon profil et à ce que je recherche.

Concrètement, qu'est ce que cela m'apporterait de plus par rapport à ce que je fais à l'heure actuelle?

Et bien tout simplement cette offre se trouve dans le sud de la france. Là où j'ai grandi, là où je rêve de rentrer. Là où ma famille et mes amis vivent encore. Alors, pourquoi ne pas postuler? C'est bien la question que tout le monde me pose quand je parle de cette opportunité.

Et bien tout simplement parce que je suis déjà en CDI. Jusque là rien de bien méchant, surtout que je termine ma periode d'essai dans une dizaine de jours. Je sais même déjà que je suis embauchée car ma chef qui est enceinte compte fort sur moi pour assurer le service en son absence. Et c'est là que pour moi ça coince.

Elle compte sur moi. Et lui faire ce coup là, moi, je ne peux pas. Je sais pas faire.

Quand on me dit "je compte sur toi" je me sens engagée, sans possibilité de reculer.
Bon certes, c'est une annonce, j'ai pas encore le poste. Mais rien que le fait de postuler, j'aurais l'impression de lui faire un petit dans le dos.

Chaque fois que je dis ça à mes copines, elles rigolent : "crois tu vraiment qu'eux se gêneront le jour où ils n'auront plus besoin de toi? Au contraire, ils auront zéro regret, malgré le travail accompli et tes sacrifices, pour te montrer la porte. Alors remanie ton CV et ta lettre de motiv et bouge toi de postuler et de revenir vers chez nous"

C'est donc ça la vision de l'entreprise par ma génération? Elle voit son lieux de travail vraiment et purement comme un gagne pain, où elle ne pourra rien tirer d'autre que son salaire pour vivre?

La plupart de mes expériences se sont faites dans des PME dites "familiales". A chaque fois, le critère d'embauche a été de s'intégrer à l'équipe en l'adoptant comme une famille. J'ai eu parfois des liens très forts avec mes collaborateurs. Je continue d'ailleurs à en cotoyer certains, 2ans après avoir quitté la boîte.

Boîte que j'ai quitté quand on m'a dit : "nous n'avons plus rien à vous apprendre. La porte est ouverte. Vous pouvez y aller". Parce que je leur avait demander d'être sincère sur mon futur avec eux. Outch, ça fait mal de se rappeler ça.

Pourtant, cela ne m'a pas brisé. Je ne garde que le meilleur de chaque expérience en souvenir. Les echecs et les douleurs servent à aller de l'avant.

Un peu fleure bleue dans l'âme, je ne peux m'empêcher de penser que l'entreprise respectueuse de ses salariés existent, qu'elle m'attend quelque part. Mais que pour la trouver, je dois commencer par montrer l'exemple.

Alors : postuler ou pas postuler? Je me plains pour si peu, des gens cherchent du travail sans en trouver et moi je ne me satisfait pas du mien. Parfois je me déteste.




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

A bientôt