lundi 8 septembre 2014

Le Travail et moi... Le début de la désillusion


Depuis quelques semaines, j'occupe un poste de Responsable Qualité. Avant, j'ai eu une courte expérience dans la chimie puis j'ai exercé en tant qu'Animatrice Qualité durant 3 ans et demie. Je commence à avoir un peu d'expérience dans le domaine dirons-nous.


Ce métier m'a attiré pour plusieurs choses :
 - Des référentiels à suivre et à faire appliquer : j'aime la notion d'avoir un guide pour nous lancer et avancer ;
- Le travail en équipe, avec toutes les équipes, de la production au directeur, des achats aux RH. La vision transversale de l'entreprise est passionnante, ma curiosité jamais rassasiée a trouvé là, un moyen d'être assouvie ;
- Le partage des pratiques, l'apprentissage des métiers, la possibilité d'élargir ses horizons. Les personnes au sein d'une entreprise ont toute une compétence secrète qu'elles sont prêtes à partager pour enrichir leurs équipes, du moment qu'on leur porte un peu d'attention.

Pour exercer le métier de Responsable Qualité, il faut savoir être à l'écoute, se remettre en question, être très sociable et disponible pour ces collègues. C'est un peu bizarre de me voir évoluer dans mon organisation. Je parle à tout le monde, je cherche des solutions, je suis courtoise et diplomate. Dès que je suis sortie de l'entreprise, je suis toute autre. A force de faire du social et des conciliations toute la journée, le soir faut surtout pas m'embêter ou venir me parler pendant 500 ans pour m'apprendre la vie (cher futur voisin si tu me lis, tu sais à quoi t'en tenir!).

Du coup parfois, j'ai l'impression de ne pas être moi-même, que ça soit dans ma vie ou au travail. Et qu'il me manque quelque chose dans ce métier ou sur mon poste pour être totalement heureuse et épanouie.


Je me souviens que si j'aimais la chimie à la base, c'était parce que je savais que les éprouvettes ne me poseraient pas 300 questions à la minute lorsque je voudrais développer une nouvelle méthode d'analyse. Je prenais mes produits, mes résultats sur mon cahier de labo et je testais jusqu'à ce que je trouve ce qui me conviendrait. Certes cela pouvait être rébarbatif. C'est d'ailleurs pour cela que j'ai quitté le milieu des labos. Pourtant, je n'étais pas mauvaise, j'aurais pu bien m'en sortir sans trop forcer.
Mais j'ai vraiment eu trop peur de m'ennuyer. 

Aujourd'hui au service Qualité, je dois sans cesse m'expliquer sur le pourquoi du comment de mes moindres activités. Je dois sans cesse argumenter mes prises de décisions et me heurter à des centaines de personnes qui ne sont, bien sûr, jamais d'accord.

En même temps j'ai carrément l'impression que c'est hyper caractéristique de notre pays. 

Je n'étais pas bonne en argumentation, en français ou en philosophie, quand j'étais à l'école. Et malheureusement ce n'est pas avec les années d'expérience que cela s'est arrangé. Et cela m'épuise de devoir toujours me justifier. Cela m'épuise d'avoir toujours à me battre, même en étant devenue responsable, pour faire seulement ajouter un petit logo sur un formulaire par exemple.

En fait, il faut être patient pour faire avancer les choses dans une entreprise. Et ça, c'est une qualité que je ne crois pas posséder. 

C'est paradoxal, mon métier me plaît mais me pèse en même temps. J'aime le contact avec les gens mais je suis trop souvent amener à être dans des conflits que je dois régler seule. Ouais parce que le Responsable Qualité, il se fait un peu jeter de partout car il empêche les choses de tourner en rond et personne ne l'aidera à s'en sortir s'il est dans la bouse. Il doit montrer l'exemple et on ne lui pardonnera AUCUNE erreur. Ça fait beaucoup de pression sur des toutes petites épaules comme les miennes. Et ça me pèse. Ça m'épuise, c'est en train de me dégoûter.

Alors parfois je me prends à rêver. Et si je changeais tout ça, si j'étais enfin satisfaite à 100% de ma vie et de mon travail ? Que me faudrait il faire pour cela ?

Je voudrais un job...

...où je n'affronterais plus les conflits. Si je rencontre des personnes, c'est seulement pour parler calmement, faire avancer les choses, créer des projets. Un job qui consisterait à vendre du rêve aux gens, leur donner du bonheur. Un peu comme je fais pour mon association : je participe à des réunions de travail pour monter des festivals, j'écris des articles pour un magazine, je prends des photos, je lis des livres. Pétard si je pouvais être payée à faire cela de ma vie, je signerais tout de suite !!
Je voudrais un job...

...où l'autre me fait confiance. Certes, mon travail serait relu et contrôlé, critiqué aussi pour m'aider à avancer. Mais mes erreurs ne deviendraient pas des crises politiques, les critiques ne seraient pas là pour m'assassiner.
Je voudrais un job...

...qui, pour être productive, m'inciterait à flâner, à découvrir, à lire. À toucher, à goûter, à sentir. À partager mon expérience. Peut-être aurais-je dû partir dans le tourisme plutôt que la chimie. Non ! parce que mes années de formatrice Qualité m'ont appris que j'aimais trop rentrer le soir chez moi, retrouver ma maison et mon mari pour évacuer la lourdeur de mes journées.

Je n'aime pas être chef, je n'aime pas diriger. J'aime bien par contre renseigner les gens, les conseiller, les aider.

À un moment, j'ai pensé à préparer le concours de bibliothécaire. Mais j'ai laissé ça de côté. Je crois que y'a un truc dans les formations à avoir pour passer ce concours que je n'ai pas.

Et voilà une autre idée qui n'aboutira pas. 

Je suis bien consciente que l'on ne peut pas pratiquer le même métier toute sa vie. Je ne pensais pas avoir envie d'en changer si tôt. Je ne pensais pas devoir encore me dire "qu'est ce que je veux faire de ma vie", et ne pas savoir, être perdue.


Alors franchement, si vous avez des conseils ou des idées dans le cadre des reconversions professionnelles, de la redécouverte et l'écoute de soi, je prends.




2 commentaires:

A bientôt