lundi 18 mai 2015

La grand-mère


J'ai eu mes 4 grands-parents. 2 qui vivaient dans le mas mitoyen avec nous, toute l'année, les 2 autres qui vivaient en corse, mais passaient une partie de l'année sur le continent, entre chez nous et une petite location dans le Gard.

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Je me souviens enfant, avoir passé pas mal de temps dans les terres, à m'amuser, avec mes grands parents paternels. Je n'avais pas d'amour inconditionnel pour eux, comme je pouvais avoir pour mes grands-parents maternels, chez qui je passais mes vacances scolaires. Je réalisais déjà que ma grand-mère paternelle préférait beaucoup mes cousins à ma soeur et moi, qui vivions à côté et nous occupions d'eux avec mes parents. Tout était toujours mieux fait, plus important quand c'était les autres.

Que voulez-vous faire face à cela ? Rien...

Et ma mère, souvent, me disputait de disparaître dans les champs avec papi et mamie. Je ne comprenais pas toujours pourquoi. Mais je réalise maintenant que cela m'a invité à m'éloigner de tout ça, prendre du recul. Selon mon père: beaucoup trop de recul, à la limite de l'indifférence.

Aujourd'hui, je n'ai pas que ma grand mère paternel. Elle vit seule, à 350m de chez mes parents. Mon père passe la voir quasi tous les jours. Ma mère l'évite, car il y a eu de sacrées histoires de familles. La dernière date d'il y a quelques semaines. Une connaissance de la famille est décédée chez elle, seule, après être tombée dans les escaliers. Les voisins ont suspectés un problème 24 h après, remarquant que les volets n'avaient pas été fermés la nuit passée. Il était malheureusement trop tard. Ma grand-mère a visiblement était très remuée par cet épisode, appelant mes parents en disant qu'elle en faisait des cauchemars toutes les nuits. Ma mère lui a simplement rappelé qu'il y a 5 ans, quand sa propre mère (donc ma grand mère maternelle) est décédée dans les mêmes conditions, elle n'avait pas fait de cauchemar ni présenté ses condoléances. Ambiance-ambiance à la maison...

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Moi, je ne tiens pas particulièrement à l'appeler, ni à passer la voir. Mais quand je suis de passage chez mes parents, en bonne petite-fille, je passe la voir quelques temps. Oui, je réalise cela comme un devoir, pas comme un témoignage d'affection. L'affection, on ne peut pas la forcer. Et cela fait bien longtemps que je n'en ai plus pour elle.

Je pense avoir malheureusement pris partie de ces histoires, parfois de plein gré, parfois sans vraiment m'en apercevoir. Si ma mère nous avait un peu moins culpabilisé avec tout ça... Si j'avais réussi à dépasser tout ça plus tôt..

Ouais bon, l'expression dit bien "Avec des SI, on mettrait Paris en bouteille", c'est pas pour rien. Je ne referais pas le monde et mon histoire, je dois vivre avec. En plus, je n'en ai pas vraiment envie...

Dimanche dernier, j'ai vu que j'avais un appel en absence de ma grand-mère. Puis 3 textos de ma soeur, me disant que la mamie l'avait appelé car "elle entend des voix dans la maison, parce qu'une sorcière l'a ensorcelée". Ouais, la grand-mère, à 85 ans, perd un peu la boule et souffre de grosses crises de paranoïa. Elle s'est disputée avec pas mal de personne dans la famille avec ses crises de démences pareil.

Je n'ai pas rappelé ma grand-mère car, à 250km de distance et n'ayant jamais été très proche d'elle, je ne voyais pas bien ce que je pouvais lui raconter. J'ai préféré appelé mes parents, savoir s'ils avaient pu avoir ma soeur et s'ils allaient passer voir la grand-mère et juger de son état de démence. Disons que là aussi j'aurais dû m'abstenir...

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Mon père m'a bien pourri à l'autre bout du fil. Comme quoi je ne prenais jamais de ses nouvelles, je n'allais jamais la voir, je ne l'appelais jamais. En gros : j'étais une petite fille ingrate, et que ma pauvre grand-mère en souffrait. Que je ne voyais pas qu'elle m'aimait à sa manière (à oui, effectivement, sacré concept de l'amour dans ce cas là!). J'avais pas envie de me tracasser avec ça. J'ai simplement dis que je l'appellerai et que, je lui rappelais à tout hasard que, chaque fois que je descendais, même quand je n'avais pas le temps, je passais la voir. Et j'ai raccroché avant que des mots bien moins sympathiques dépassent ma pensée.

J'ai donc ensuite appelée ma chère grand-mère qui m'a racontée s'être trompée de numéro en voulant appeler ma soeur, que c'était pour cela que j'avais un appel de sa part.

Elle m'a parlée de la pluie et du beau temps, des cerises, et de la future fête des mères (encore un grand moment familiale en perspective les amis!). Mais nullement de voix de sorcières ou je ne sais quoi.

J'ai raccroché et envoyé un texto à ma mère, pour lui dire de mettre un peu de gnole dans la bouffe du père, afin qu'il se détende un coup. Elle m'a dit qu'il était un peu sur les nerfs en ce moment. Ce que j'avais bien compris toute seule. Sauf que j'ai passé l'âge que mon père m'engueule parce que je ne fais pas ce qu'il veut, que je n'aime pas qui il veut comme il l'entend. Même à 27ans, je déteste les éclats de voies de mes parents, encore plus quand je les trouve totalement injustifiés comme ceux-ci.

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Je comprends néanmoins que cela le blesse. Je ne voudrais pas que mes enfants détestent mes parents, cela me blesserait tellement. Je ferais en sorte que cela n'arrive pas, forte de mon expérience de vie personnelle.

Et j'espère que cela, un jour, mon père le réalisera...



1 commentaire:

  1. Pas facile les relations familiales. Mes voisins étaient mes grands parents paternels et pourtant je les ai peu connus. Mes cousins et leurs parents étaient tout le temps chez eux, ils avaient une préférence pour mes cousins et ne s'en cachaient pas, disant que moi j'avais un grand-père de l'autre côté. Puis ils sont tombés malades. Ma grand-mère m'a demandé pardon pour son attitude à la veille de sa mort j'avais 11 ans. Mon grand-père a tenté tant bien que mal de se rapprocher de moi ensuite, malgré son handicap....

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A bientôt