samedi 22 août 2015

Je ne veux plus jamais d'un homme comme ça #4


Suite à ma lecture de Diavolo, je vous ai parlé de mon envie de vous dévoiler un peu ma propre histoire… Si vous prenez l’histoire en cours de route, vous pouvez relire les articles précédents où je vous explique comment tout a commencé, ce qu’était notre quotidien et comment tout a basculé. Aujourd’hui je reviens sur des faits pas agréables à entendre ni à lire, des faits qui m’ont demandé énormément de temps pour mettre des mots sur ces actes…

Attention, cet article est le plus long de la série. J’espère que vous êtes armés de patience et d’envie de lire...

Je ne sais plus exactement comment cela a commencé. Quel fait l’a déclenché, à quel moment ça a dérapé. Depuis 7 ans, mon cerveau essaie d’enfouir les mauvais souvenirs de cette relation. Mais ce passé que je ne dois pas l’oublier. Je vis avec, je veux en faire une force, une prévention pour les femmes qui pourraient vivre cela à leur tour.

Je me rappelle par dessus tout de la crainte, cette angoisse permanente au creux du ventre quand je devais lui annoncer quelque chose, des choses parfois simples comme “je vais faire du shopping avec les copines” ou ‘je vais voir ma mère”. 

J’avais vraiment trop peur de ses réactions, bien trop souvent disproportionnées par rapport aux situations.

Je me souviens des interdictions de voir mes amis, si j’étais seule avec eux. Il devait être là tout le temps, pour toutes les sorties, que je vois mes copines filles ou mes 3 meilleurs potes, les 3 hommes avec lesquels j’ai grandi - Y., Bapt et Lolo. Que j’aille au bar ou en soirée, en session shopping, il voulait toujours m’accompagner. 

Je me souviens de la honte qu’il m’a foutu une fois en me rejoignant en plein coeur de Marseille alors que je passais une bonne après midi shopping et déconnade avec mes copines de la fac.

Pourtant, nous avions eu un échange de SMS tout à fait compréhensible juste avant :
“Tu fais quoi ?
- Je fais du shopping avec les copines, dans Marseille.
- Je peux venir ? J’ai finis de bosser
- Non je suis avec mes copines, on a absolument pas besoin de toi.”

Et une heure plus tard..
“Je suis rue de Rome. Je sais que c’est ta préférée pour le shopping. Tu es où?”

J’aurais pu m’auto-embraser tellement j’étais furieuse, tellement mon sang bouillait et mon visage était rouge!

Ce jour là, je me suis dis que même si je n’avais rien à cacher, il n’aurait jamais confiance en moi. Et de ce fait, moi non plus : quoi que je fasse, il serait derrière moi, à m’épier, à me suivre, à chercher où j’étais. Le terme va être un peu fort, mais pourtant c’est le seul qui colle à la situation : je me sentais “Traquée”

Quand il était en mission, j’en ai profité à fond. J’enchaînais les bringues et les sorties. Et quand il était en permission, je ne sortais plus. Je n’étais disponible que pour lui. C’était une concession que je pouvais faire pendant les quelques jours où il était de retour, et cela m’évitait bien des crises. A l’époque, pas de Facebook qui pouvait me griller suite à la publication des multitudes de photos de soirée, où je serais apparue pas très fraîche et bien entourée. Pas de smartphone qui permettait de traquer avec une puce GPS les personnes (non de dieu, rien que de l’écrire, je sais que typiquement, c’est un truc dont il aurait été capable!).. Je n’avais rien à craindre. Moins il en savait, plus j’étais tranquille. 

En fait, à 18ans, je vivais une sorte de double vie

C’est bizarre de l’écrire noir sur blanc comme ça, car aujourd’hui, c’est tout à fait quelque chose que je ne pourrais pas accepter aujourd’hui! Quelque chose que je ne laisserai pas faire.

Quand il est revenu de mission, j’ai voulu lui faire comprendre qu’il fallait que je sorte, que je vois mes amis, et pas forcément avec lui, tout du moins pas tout le temps! Que j’avais droit à mon jardin secret, que j’avais le droit de prendre l’air quelques instants, que cela serait bon pour notre couple. J’ai eu droit à de véritables crises de nerfs; comme quoi j’étais une femme indigne, qui ne pensait qu’à faire la fête et qui ne voulait jamais rester à la maison avec lui. Qu’il ne voulait plus voir mes copines car il ne les aimait pas (j’ai appris par la suite que de toute façon, c’était réciproque), et que ce n’était pas normale qu’en tant que couple je ne fasse pas plus de place pour lui dans ma vie, que je ne veuille pas faire plus de chose avec lui. En même temps, à 19ans, en plein dans mes jeunes années d’étudiante, vous vouliez que je pense à quoi ? Le pire, c’est que ses réflexions me faisaient culpabiliser. Je vivais avec lui, je faisais tout avec lui, j’étais tout le temps avec lui. Je voulais juste boire un verre avec mes copines le week end, et il arrivait à me faire culpabiliser. Il y arrivait tellement que je quittais MON chez-moi avec la boule au ventre de le laisser seul, de ne pas savoir dans quel état je le retrouverai en rentrant.

J’ai tenté de ne pas trop céder à ces caprices, mais j’avoue que les jours où je n’étais pas d’humeur à lutter, j’ai laissé tomber. 

J’ai annulé mes sorties au dernier moment (coucou la copine faux plan c’est moi!), j’ai laissé couler juste pour avoir quelques instants de paix. Il ne se gênait pas, lui de son côté, pour aller faire de la moto, dépenser son argent dans des voitures et gadgets de courses hors de prix sans me rendre de compte. Il n’y avait pas de raison que je n’aille pas voir mes copines. Alors résignée, j’encaissais chaque fois que je rentrais son interrogatoire et ses sales réflexions, en me disant que ça lui passerait.

“alors, tu es contente? tu t’es bien amusé? je vois que je ne t’ai pas manqué! tu ne m’as pas écris un seul message de la soirée”
“ça va, tes copines t’ont bien montées la tête contre moi?? Non parce que je les connais ces pétasses, elles n’ont rien dans la tête, elles devraient grandir! Toi tu es mature; je ne comprends pas pourquoi tu les fréquentes encore! A par te monter la tête contre moi, car je sais que c’est ce qu’elles font, je me demande bien de quoi vous pouvez parler”
“tu trouve pas que la tenue que tu as mise pour sortir n’est pas vraiment adaptée?? ça ne te dérange pas de sortir et ressembler à une pute?”(<-- oui, le mot utilisé ici est le VRAI mot utilisé par lui!)
“pourquoi je n’ai pas de place dans ta vie? Tu ne m’aimes plus?”

Quand j’y pense maintenant, je m’aperçois que je m’étais habituée à tout cela, je m’étais faite une raison et je ne faisais absolument plus attention. C’est là que cela devient vraiment grotesque : comment peut on accepter cela, comment peut on se laisser faire à ce point là ?

Je me demande encore pourquoi j’ai encaissé ça, comment j’ai accepté tout ça, si jeune, moi qui est toujours eu ce caractère bien trempé, ce tempérament qui sait ce qu’il veut et qui ne se laissera pas faire. 

J’étais attachée à lui, mais ce n’était pas l’amour de ma vie. Chaque fois qu’il menaçait de partir, je me disais bon débarras, et dans le quart d’heure qui suivait, j’étais perdue. Je savais que je devais le foutre dehors pour avoir ma vie, être en paix. Et chaque fois que j’effleurais du doigt cette possibilité, je laissais tomber. J’avais tellement peur de ce qu’il me ferait, tellement peur de ce qu’il se passerait s’il se retournerait pour de bon contre moi.

Je me souviens qu’il avait une drôle de façon d’exprimer ses désaccords avec moi, les quelques fois où je lui ai tenu tête, que j’essayais simplement de discuter et d’échanger comme le font tous les couples. 

Le ton, très vite, montait. Sa façon préféré d’affirmer que c’était lui le chef, a été le jeté de mon corps contre les murs. Mon 1m54 n’a jamais vraiment fait le poids en face d’un Matelot entraîné d’1m80.

Une fois en Espagne, en plein dans la rue, il n’a pas hésité à me soulever et me plaquer contre le mur. Il voulait aller encore boire des bières avec son meilleur ami, moi je trouvais qu’il avait assez bu et qu’il n’avait pas besoin d’une 18ie pinte (nombre pas si exagéré que ça dans mes souvenirs!). En plus la chaleur m’avait donné un mal de tête de folie, je ne pensais qu’à rejoindre mon lit, prendre un doliprane et une douche froide, et bien dormir pour profiter des animations du lendemain. Mais lui voulait boire, malheureusement quand il buvait, il avait l’alcool mauvais, l’alcool violent. Du style: je me chauffe avec des mecs jusqu’à la bagarre, je fais des blagues salaces et lourdes, je mets mes mains partout... vous voyez le genre?

Je lui ai dit alors de partir avec nos amis, que moi j’irais me coucher, car je n’en pouvais plus, mon corps refusait de suivre la cadence, je ne serais pas bonne camarade de réjouissance. Je n’ai pas eu le temps de faire trois pas que j’ai fini soulevée, projetée une première fois contre le mur, puis une deuxième fois, cette fois braquée sous son bras. 

Son haleine empestait l’alcool contre mon visage, ses yeux noirs de colère me fixaient et son poing en l’air était prêt à frappé. 

C’est son meilleur ami qui lui a dit d’arrêter. Il nous a dégagé l’un de l’autre et pour le calmer, n’a rien trouver de mieux que de l’emmener s’achever au bar. Moi je suis rentrée à l’hôtel, et je me suis demandée si je ne ferais pas mieux de prendre mes affaires et de rentrer en France immédiatement. J’étais honteuse, envers tous nos amis qui avaient assister à ce spectacle. Envers sa propre mère qui venait d’assister à la scène. Quand j’y pense, elle est la première, suite à cela, à m’avoir conseillé de le fuir, de le quitter, de mettre fin à cela. Mais comme toujours, il s’est rendu plus qu’adorable dès le lendemain. Et moi, je lui ai trouvé des excuses, j’ai mis son comportement sur le coup de l’alcool. J’ai laissé couler, une fois de plus, un acte impardonnable qu’il avait eu envers ma personne. J’étais tellement stupide, quand j’y pense...

Ce comportement s’est reproduit. Une fois, il m’a jeté tellement fort contre l’armoire de MON chez-moi qu’une des portes s’est dégondée. Quand je me suis relevée, j’étais prête à le tuer de mes propres mains. Mon sang bouillonnait dans mes veines et mes temps. Je voulais me jeter contre lui et lui faire mal comme il venait de me faire. J’étais tellement furieuse, il aurait pu me casser quelque chose!!

Mais il avait développer une tactique pour mettre fin à nos disputes

Il les terminait par des flots d’excuses “tu comprends, c’est parce que je t’aime et que tu me rends fou que je réagis comme ça. Si je ne t’aimais pas, je ne réagirais pas comme ça. Tout ça, ce n’est que de l’amour, c’est pour te le prouver, te faire réagir de la chance que tu as de m’avoir, tout aussi fou d’amour pour toi.”
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Et moi, je le croyais. Je l’excusais. Je culpabilisais encore et toujours. 

Je me disais “tu ne montres pas assez ton amour, du coup il en doute et c’est pour ça qu’il réagit mal. Tu devrais faire des efforts, encaisser mieux que ça qu’il te traite de folle, de pétasse, de connasse, quand tu lui fais du mal”. J’encaissais car pour moi, l’amour c’était ça. Après tout, je n’avais connu que ça, que lui. Ma première vraie relation, c’était lui.

Et oui : je pensais sincèrement que c’était de ma faute. Mais intérieurement, plus il me faisait des reproches, plus il devenait violent, moins j’avais envie de faire d’effort pour sauver notre couple. Je crois que mon Moi profond se défendait déjà de ce tordu, à sa manière.

Intérieurement, je commençais à réagir, à me défendre, à me rebeller. Il me fallait maintenant une étincelle pour donner l’impulsion de mon départ, la mise à mort de notre histoire.



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