samedi 29 août 2015

Je ne veux plus jamais d'un homme comme ça #5

Suite à ma lecture de Diavolo, je vous ai parlé de mon envie de vous dévoiler un peu ma propre histoire… Si vous prenez l’histoire en cours de route, vous pouvez relire les articles précédents où je vous explique comment tout a commencé, ce qu’était notre quotidien et comment tout a basculé. Dans le dernier article, je vous ai expliqué nos disputes, ma peur et ma crainte grandissante. Aujourd’hui, je vous explique comment j’ai pu partir, mettre fin à tout cela.

J’ai pris la décision définitive de le quitter, de me détacher de lui et de partir pour de bon en mai 2008. 
Un tas d’évènement je pense, m’ont aidée à trouver le courage nécessaire pour passer aux actes, et de ne plus seulement écouter ma petite voix intérieure.

D’abord, il y a eu la santé de mon Grand-Père. Un jour, au début de l’année 2008, il s’est plaint de ne plus avoir de sensibilité dans la main gauche, d’avoir des difficultés à tenir ses couverts. On lui a fait passer un scanner “de routine” pour contrôler que tout aille bien dans son cerveau. Sauf que, dans son cerveau, c’était la guerre. Un véritable champ de bataille entre un cancer et sa vie. Les médecins lui ont donné 8 mois à un an de survit, nous en avons eu 6. On y reviendra prochainement dans un autre article je pense.

A l’annonce de ce diagnostic, je suis rentrée tous les week end à la maison, pour le voir, pour profiter de lui, le plus de temps possible. Et le Matelot n’a pas apprécié… J’ai donc eu droit à des crises de nerfs parce que je ne souhaitais pas partir en week-end ou en vacances, de peur de perdre mon grand-père trop prématurément. 

Là je me suis dis “non mais il est fou ce type ou quoi ? il est jaloux de quoi là? de mon grand-père?? sérieusement ??”. Quand j’y pense, le Matelot ne pouvait pas être plus pathétique qu’en ces temps là.

Ensuite, il y a eu une conversation avec une copine. Ma copine M., qui a toujours su avoir les mots qu’il faut, au bon endroit au bon moment, pas sous forme de conseils, mais plus sous forme de “Je constate, je te dis tout haut à quoi ça ressemble, mais je ne te conseille pas. Avec le constat, tu te débrouilles, tu en fais ce que tu veux. Après tout c’est ta vie, tu la mènes comme tu l’entends.”
M. m’a dit des mots que je n’oublierais jamais. Des mots qui ont tout remis en place dans ma tête. “Avec nous, tes amis, tu es heureuse. Tu souris, tu as les yeux qui pétillent de vie. Avec lui tu t’éteins. Tu n’es que l’ombre de toi même. Cela fait 4ans que tu es avec lui, et tu ne te vois pas construire une famille ou vivre avec lui. Tu ne crois pas que ça veut dire quelque chose tout ça?“

Je suis restée bête. J’ai laissé ses mots gambader dans ma tête toute la nuit. Le matin, j’avais pris ma décision. 

Mais il me manquait encore un peu de courage pour en parler. Cette motivation, je l’ai eu quelques jours après, quand j’ai rencontré “Il”… Comme quoi parfois, le destin est bien fait.

“Il” a rejoint notre groupe de danse. Nous avons eu un sacré coup de foudre l’un pour l’autre, y’a vraiment pas à dire. Mais histoire de ne pas se jeter précipitamment dans une histoire qui n’aurait ni queue ni tête, nous prenions le temps de nous connaître. Des soirées entre amis, des discussions par téléphone, des petits attentions. Je me suis dis alors “Mais en fait, la vie peut être simple, et les relations avec les hommes pas si compliquées!”.

Tout était doux avec “Il”. Sans prise de tête. J’avais envie d’être avec “Il”. Pas pour un flirt d’une soirée, être avec lui pour de bon! Mais pour être avec lui, mieux valait être en ordre dans ma vie. Il était enfin temps de quitter le Matelot.

Un soir, assis tous les deux dans ma chambre, nous regardions le parquet en silence. Ces têtes à têtes silencieux étaient bien trop fréquents depuis de longs mois. Je crois que ce soir là, ce silence faisait suite à une énième une crise. En effet, je lui avais annoncé que je partais avec Lolo, Bapt et deux copines en Corse pour les vacances. Que oui, la voiture était complète et que non, je ne voulais pas le voir pendant ces 15 jours de congés. Cela ne l’avait pas empêché d’aller acheter sur le champs des billets de bateau pour que je fasse bande à part avec lui, chose que j’ai bien sûr refusée de manière catégorique.

Au bout d’une bonne demi-heure de silence, j’ai simplement réussis à tout déballer d’un coup :
“je n’en puis plus de ces silences. Nous n’avons plus rien à nous dire. Je n’en puis plus de notre relation : je n’ai plus d’amour pour toi, je ne me vois plus avec toi. Je suis vraiment désolée, mais je commence à te détester et ce n’est pas bon. Il faut que cela s’arrête ici. Nous deux, c’est fini.”

Il m’a juste répondu “je sais, je le sais depuis bien longtemps. Je ne suis pas bête, je le sentais bien”. Puis il est venu me serrer dans ces bras. Il tremblait, il pleurait. Nous sommes restés un long moment comme cela, dans les bras l’un de l’autre. 

Je l’entendais murmurer “je suis désolé, je suis tellement désolé…” Les larmes coulaient sur mon visage aussi. Pour lui, ces larmes, c’était de la peine. Pour moi, c’était du soulagement : enfin j’étais libre! 

Enfin j’allais pouvoir passer à autre chose, vivre ma vie comme je le désirais.
“Nous pourrons rester amis tu penses ? Je n’ai pas envie que tu sortes de ma vie comme ça. Il va me falloir un peu de temps.
- oui, bien sûr.”
Que vouliez vous que je réponde d’autre? Il était assez brisé comme ça, et je n’ai jamais aimé causer de la peine à quelqu’un, même si cette personne se révèle être mon pire ennemi.

Je l’ai raccompagné dehors, à sa voiture. En lui disant à bientôt, il a essayé de m’arracher un dernier baiser. “Non Matelot, c’est terminé. Je suis sûre de ma décision, je n’y reviendrai pas. Jamais”.

Il est parti, et je sentais le soulagement m’envahir. Une chaleur dans mon ventre, boule d'allégresse et promesse douce d’une nouvelle vie.

Il est parti, il est enfin parti…

La première chose que j’ai faite, c’est appeler Lolo, Bapt et Y., leur annoncer la bonne nouvelle. Je me souviens de la fête qu’ils m’ont faite au téléphone, ils n’en pouvaient tellement plus du Matelot. Plus de restrictions ou de codes pour se voir. Libre circulation et sortie entre nous. ALLELUIA.

Je me souviens d’avoir envoyé un texto à “Il” pour lui lancer un pari. Le pari de venir m’embrasser… Défi qu’il a relevé dès le lendemain, à la danse, avec brio!

L’histoire pourrait s’arrêter là. Oui, on aurait pu se dire que c’était vraiment fini. 

Sauf que les quelques mois qui ont suivi, le Matelot a encore plus pété les plombs que d’habitude, et a tenté de faire de ma vie une vraie galère, histoire de se décharger de la peine de notre séparation sur moi.





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