samedi 5 septembre 2015

Je ne veux plus jamais d'un homme comme ça #6


Suite à ma lecture de Diavolo, je vous ai parlé de mon envie de vous dévoiler un peu ma propre histoire… Vous pouvez relire les articles précédents où je vous explique comment tout a commencé, ce qu’était notre quotidien et comment tout a basculé. Je suis aussi revenue sur le côté sombre de cette relation, et comment j’ai réussi à y mettre un terme.

Comme je vous le disais dans le dernier article, si le Matelot est parti en donnant l’impression de bien accepter notre séparation, une nouvelle facette de sa personnalité s’est déclaré à partir de cette annonce.

Voulant me reconquérir, et sous prétexte que j’avais accepté que nous restions amis, le Matelot m’écrivait de longues lettres qu’il déposait dans la boîte de mes parents, ou qu'il remettait directement à ma mère. Il me racontait ses jours et nuits de désespoirs, où il ne faisait que penser à moi. Qu’il rêvait encore de moi et de nos ébats, que cela lui laissait des traces au réveil dans son caleçon et ses draps (et c’était dit EXACTEMENT comme ça! Glamour bonjour, une lettre comme ça, ça donne envie tout de suite de retourner avec son ex, c’est bien connu!)

Il y avait aussi de longs paragraphes expliquant que s’il voulait rester mon ami, c’était pour qu’il m’accompagne en soirée. 

Que je puisse m’amuser et que lui, en bon ami, surveille que personne ne m’approche si j’étais bourrée, qu’il me protège des autres qui, je cite : “sont le mal, tous des gens qui veulent profiter de toi, qui vont te faire souffrir”. Honnêtement, je pensais que sa plume et son esprit en cruel manque de sommeil divaguaient trop, qu’il racontait des conneries. Malheureusement, il le pensait vraiment…

Lui qui ne venait jamais à la danse, ne serait-ce même que pour me chercher à la fin des répétitions, il était désormais là TOUT LE TEMPS. Il venait à tous les spectacles, toutes les répétitions, il restait au repas d’après les festivals (notre troisième mi-temps à nous, tout aussi arrosée qu’au rugby). A chaque animation que nous faisions, il était là. Il nous suivait, en voiture ou en moto, prétextant une ballade. Dès que je tournais mon regard : je le voyais! C’était très dur, surtout que nous commencions à vivre notre histoire avec “Il”. Dès que le Matelot rentrait dans la pièce, les rires s’arrêtaient, il y avait grand silence. Nous voulions le mettre mal à l’aise, qu’il comprenne qu’il n’était plus le bienvenue, qu’il s’en aille. Après tout, il n’avais jamais porté les danseurs de la troupe dans son coeur. Ils le lui rendaient bien, en le voyant jouer l’hypocrite pareil. 

Et un jour, alors que nous réfléchissions à une nouvelle danse, je l’entends dire :”mais si vous avez besoin de quelqu’un, je veux bien venir moi…”

S’en était trop : je me suis mise à hurler du plus fort que mes poumons et ma gorge me le permettaient :”comment ? Tu n’as jamais fait un effort en 4 ans de relation et là, maintenant, tu veux venir à la danse? On a pas besoin de toi : on en a jamais eu besoin, on a très bien fait jusqu’à présent, et ce n’est pas prêt d’arriver. Tu as compris?”.

Personne n’a ajouté mot ou pris sa défense. Personne ne le regardait tout court. Vexé, le Matelot est donc reparti. Nous ne l’avons plus jamais vu au groupe de danse.

Un jour, alors que j’étais sous la douche en train de me préparer pour le travail, le Matelot se pointe à la maison. Il me demande s’il peut monter car il a laissé des affaires dans ma chambre, qu’il souhaiterait les récupérer. Ma mère, de bonne foi, l’y invite.

En sortant de la salle de bain, voilà pas que je trouve Monsieur en train d’éplucher ma boîte mail, de fond en comble, de vérifier mon historique de navigation, mon téléphone portable à la main, dans la boîte de réception des SMS ? 
Dis comme ça, j’avoue, on dirait un gag : elle exagère Sisco, c’est pas possible. Je vous jure que tout ceci n’est que vérité, et que je n’ai pas du tout rigolé en le trouvant ainsi…

Une nouvelle fois, comme vous pouvez bien vous en douter, j’ai hurlé. “Que fais-tu ici? Et pourquoi fouilles tu dans mes affaires ? Tu te crois ou, sérieusement ??
- mais je ne fais que regarder un truc sur internet dont j’avais besoin. J’en ai pour deux minutes
- et ce truc nécessite de passer par ma boîte mail ? Ou par mon téléphone ? Tu déconnes j’espère! Ta mauvaise foi, on en parle ??”
N’arrivant pas à me calmer, et continuant de lui hurler dessus, ma mère s’est inquiété de la tournure des choses : elle a invité le Matelot a dégagé illico presto de la maison. Et ma juré, derrière, qu’elle ne se laisserait plus avoir.Moi de mon côté, j'ai appris que même avec son petit ami, mettre des mots de passes de partout et les changer régulièrement était vital !

Le Matelot détestait avoir perdu le contrôle sur moi. Ne plus connaître mon emploi du temps, en dehors de mes heures de travail, le rendait dingue. 

Avoir l’occasion de vérifier ma boîte mail et mes SMS avaient confirmé ses craintes : je refaisais déjà ma vie, je sortais avec mes amis comme je n’en avais plus eu l’occasion depuis un an et surtout : je n’avais pas besoin de lui !

Après cet épisode, j’ai décidé de ne plus répondre à ses lettres ou e-mails déchirants. De laisser le téléphone sonner dans le vide, de supprimer les SMS sans même les ouvrir. Je remercie Motorola d’ailleurs qui avait déjà prévu, à cette époque, une sonnerie “Silence” que l’on pouvait attribuer à des contacts, et le renvoi d’appel systématique. Parce que s’apercevoir que l’on a 35 appels en absence lorsque l’on est absent de la maison et que l’on a un grand-père mourant, y’a de quoi vous faire faire une attaque !

Même lorsque je suis partie en Corse avec mes amis, j’ai eu des appels tous les jours. Jusqu’au téléphone fixe de la maison! Une vraie fouine, un vrai harceleur…

J’ai quand même pris le temps d’écouter quelques uns de ces messages vocaux. Parmi ceux là, il y en a un qui m’a particulièrement marqué. Il me l’a laissé après avoir lu sur mon blog “Départ pour une destination inconnue, avec les copains, pour un week-end reposant et loin de tout…”. J’avais fait un peu exprès de poster ce genre de message- oui je sais être sadique parfois. 

Au milieu de la détresse qu’exprimait sa voix, je sentais sa colère, celle qui me faisait toujours si peur :
“ Où es-tu ? Je me fais du souci pour toi, j’ai vu que tu étais partie. Où es-tu et avec qui? cela me rassurerait de savoir ce que tu fais.”
Voilà bien un message qui allait me faire rappeler tiens….

Il ne lui restait plus qu’une chose alors, pour garder un soupçon de contrôle sur moi. L’effet de surprise, débarquer à la maison comme ça, à l’improviste, en mode “Je suis venu pendant 4 ans ici alors, je suis un peu chez moi et toujours le bienvenue”. 

Lorsque j’étais absente, il en profité pour aller voir ma mère, lui demander pourquoi j’étais aussi cruelle avec lui, pourquoi je lui faisais du mal comme ça? Et bien sûr, si elle savais où je sortais, avec qui… Ma mère répondait simplement “Elle a 20 ans tu sais, elle fait sa vie…” Merci Maman de ne pas t’être laisser embobiner par cet abruti.

Parfois, malheureusement j’étais là. Il me fallait donc supporter sa présence. Je feignais l’indifférence. 

Je lui demandais de dégager, mais s’il avait juger que je n’avais rien d’autre à faire de plus intéressant, il restait. Jusqu’à ce fameux soir….




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