samedi 12 septembre 2015

Je ne veux plus jamais d'un homme comme ça #7

Suite à ma lecture de Diavolo, je vous ai parlé de mon envie de vous dévoiler un peu ma propre histoire… Vous pouvez relire les articles précédents où je vous explique comment tout a commencé, ce qu’était notre quotidien et comment tout a basculé. Je suis aussi revenue sur le côté sombre de cette relation, comment j’ai réussi à y mettre un terme, et les premiers jours de notre séparation.

Aujourd’hui place à l’acte final.

Agacée par la conduite du Matelot, j’avais demandé à ma copine Clo. de venir me tenir compagnie. Peut-être ainsi, pourrions nous le faire dégager. Sauf que le Matelot, trop content de pouvoir glaner des informations sur ma vie et s’incruster, ne bougeait pas d’un poil…

Avec Clo. nous discutions de la grosse soirée que nous avions quelques jours plus tard, chez elle. Qu'allions nous manger et boire, qui allions nous inviter… 

A cette question, le Matelot nous demande : “et moi, je peux venir alors?”

Vous voyez un peu le truc : le Matelot à la fin de notre relation ne supportait plus mes amis (dont Clo. a toujours fait partie!). Il ne voulait plus les voir car il les trouvait totalement immatures, mais là, il voulait se faire aimer de tout le monde, pour que tout le monde lui dise de venir au soirée, et ainsi, garder un oeil sur moi…

Clo. lui a tout simplement répondu “non je crois pas”. Le Matelot à alors tourné la tête vers moi, comme s’il attendait mon approbation. Je sentais la température me monter, je l’ai alors regardé droit dans les yeux, et lui ai annoncé “Non, ne me regarde pas. Nous serons chez Clo., elle vient de te dire qu’elle ne te veux pas. De plus, il n’y aura que des gens que tu as détestés et dénigrés quand nous étions ensemble, et je ne veux pas te voir aux soirées avec mes potes”.

J’ai vu la haine et la rage dans ses yeux. Il s’est pourtant levé calmement et m’a demandé de le suivre pour parler 

”Tu n’es pas sérieuse quand tu dis cela? Tu m’as dis que nous resterions amis ?
- Oui, mais ce n’est pas pour cela que je veux te voir à toutes les soirées chez mes copines, j’ai une vie et tu as la tienne. Nous sommes séparés maintenant”.
Son regard était de plus en plus noir et moi, je sentais battre mon coeur dans ma tête.
“ Très bien, puisque c’est ce que tu veux”

Et là… PAN ! La claque !

Je suis restée choquée, complètement stupéfaite. C’était la première fois qu’il laissait sa violence s’exprimer en public, devant des témoins. Elle avait été rapide, mais forte. Assez efficace pour me retourner dans tous les sens. Je le voyais remonter sa main, histoire de mettre la seconde. Mon réflexe fût de me protéger avec mon bras. Au même moment j’ai entendu ma mère et Clo. hurler. Ma mère avait tout vu de la fenêtre dont elle s’était rapprochée en entendant le ton de la conversation monter. Clo., jetant un regard aux alentours, avait trouvé un cendrier taillé dans une pierre. Elle était prête à le lui tirer dans la tête.

“Ce n’est pas moi, c’est elle ! Elle est complètement folle, elle m’a attaqué !! Elle est hystérique, tout ce que je voulais c’est parler ! Je me suis défendu c'est tout”

Encore trop choquée par cette gifle, je n’avais pas encore abaisser mon bras. je l’écoutais sans l’écouter, je le voyais sans le voir.

“Tu te fou de ma gueule ? ça fait 5 minutes que je vous observe par la fenêtre et que j’ai très bien vu ce que tu viens de faire !”

Ma mère venait de me rejoindre, et me secouer pour me faire réagir. En voyant ce visage familier, j’ai comme repris connaissance, j'étais prête à lui faire face.
“Tu es un lâche, tu me frappes dans ma propre maison, mon propre jardin, et c’est moi que tu traites de folle ?? Tu te rends compte de ce que tu viens de faire?"
Entre la stupeur, la panique, la colère et la décharge d'adrénaline que je venais de recevoir, ma voix n'avait jamais atteint des sons si aigües. 
 "Je ne t’ai pas giflé, je t’ai caressé la joue, pour te dire au revoir.
- J’avais oublié que tu confondais facilement coups et caresses !
- Tu plaisantes j'espère, s'écriait Clo. On est trois à t'avoir vu, et tu nies à bloques ta connerie? Mais t'es vraiment grave toi, faut te faire soigner !
- Toi on t'a rien demandé, t'a compris ? Vous vous liguez contre moi pourquoi ?
- Va t’en tout de suite, ou je te cogne moi-même, tu as compris ?”
Ma mère faisait maintenant face au Matelot, prête à lui casser la gueule de ses tous petits poings s’il disait un mot de plus. Rien à foutre du militaire, elle était tellement énervée que je ne doute en aucun cas qu'elle l'aurait massacré.

Sans bruit, il est monté dans sa voiture et est reparti.
Ce fût la dernière fois “officielle” que je le vis.

Je pensais que cette fois, ce serait fini pour de bon. Mais non! Suite à cet incident, Matelot n’a rien lâché et il a continué quelques semaines encore toutes ses lettres et appels. J’en ai tout particulièrement gardé une, que j’ai faite lire à mon mari il n’y a pas très longtemps. Il y avait marqué dessus :
“arrête de dire que je t’ai frappé. Si j’avais voulu, je t'aurais fait de belles traces, des bleus. Là, ça s’appelle frapper.”

Voilà donc la cruauté dont un homme peut-être capable, même quand il est pris la main dans le sac.

Il y a aussi eu des tentatives pour venir me rencontrer sur Marseille, me présenter ses condoléances à la mort de mon grand-père ou me souhaiter la bonne année chez mes parents, 6 mois plus tard. Toutes déjouées, avec l’aide de ma mère, de ma grand-mère et de “Il”. Il est reparti quelques temps après en mission, et moi j’ai respiré de le savoir à nouveau sur un autre continent.

Aujourd’hui, nous avons encore beaucoup de contacts en communs. Je sais donc de source sûre qu’il a connaissance de ce que je deviens et d’où géographiquement je me trouve

Mais depuis que j’ai refusé catégoriquement de lui présenter mes voeux de bonne année 2009, j’ai la paix. Et tant mieux. S’il y a des ex que j’aurais grand plaisir à voir, la seule pensée de le croiser, même 7 ans plus tard, me glace les os et le coeur.j'ai même failli m'évanouir, une fois, en pensant l'avoir vu sur le quai d'une gare.

Il paraît que les hommes comme lui sont des sortes de manipulateurs pervers narcissiques. C’est en tout cas le constat que je m’en suis faite en tombant sur un livre traitant du sujet en librairie. Je n’ai plus le titre exact, mais c’était quelques choses du style “Reconnaître un manipulateur pervers narcissique”. Ne serait-ce qu’à la préface, je retrouvais 9/10 traits de caractère du Matelot. Constat largement confirmé aussi, après ma lecture de Diavolo, et des notes de l'auteur C. Giacomo.

Comme je le disais plus haut, je ne sais pas souhaiter le malheur des gens, même à mon pire ennemi. Ce que je peux faire en revanche, c’est espérer. 

Espérer qu’il trouvera la force de soigner ce caractère, de reconnaître ses torts, de ne plus brutaliser qui que ce soit pour arriver à ses fins. Espérer qu’il trouvera une fille qui le comprendra, qui le canalisera, ou qui sera prête à lui dire AMEN à tout, pour qu'il ne se mette jamais en colère. Espérer qu’il accédera au bonheur auquel tout être à droit, un bonheur qui lui conviendra.

Je ne comprends toujours pas la totalité de cette relation que j'ai eu avec lui. Je ne comprends toujours pas à quel point j’ai pu me laisser faire et avoir, pourquoi j’ai accepté de souffrir ainsi, alors que j'étais si jeune, que j'avais toute une vie devant moi dont je pouvais prendre aisément le contrôle. Un jour peut être, je me paierai une thérapie pour en discuter, et analyser tout cela, juste histoire de comprendre.

 En revanche, je pense sincèrement que si je me suis remise de cette personne, si j’ai réussi à partir et à me tenir à cette décision sans ne jamais regarder en arrière, c’est parce que je n’en étais pas vraiment amoureuse et que j’ai toujours et bien épaulée par ma famille et mes amis. Peut être n’ont ils pas eu les mots aux moments voulus pour me faire réagir, mais ils ont toujours gardé un oeil sur moi, sur ma santé, et mon bonheur.Ils m'ont permis de garder confiance en moi, quand le Matelot tentait de m'enfoncer en me traîtant de pétasse, d'incapable, de me faire croire que seul lui me voyait comme la réalité, que seul lui était bon pour moi, pour me protéger.

Ces petites choses qui ont fait beaucoup, elles ne sont pas données à toutes les femmes dans cette situation. Ce n'est pas anodin si bon nombre d'entre elles sont mutilées et ont du mal, plusieurs années après à avancer. Je suis la preuve que l'on peut y arriver, que l'on peut tout reconstruire et avoir droit au bonheur. Je suis la preuve que l'on peut s'en remettre et ne plus avoir peur. La preuve avec cette série de 7 articles que je viens de vous partager. 

Aujourd’hui, on parle de plus en plus de ce problème, de ces situations, de ces femmes seules face à leur bourreau. 

Et ma nature optimiste ne veut pas douter que grâce à cela, les mentalités vont bouger, les manipulateurs seront reconnus et les victimes de manipulateurs, mieux encadrées dans leur guérison et leur reconstruction.




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A bientôt