lundi 16 novembre 2015

Ce matin...


Ce matin, comme tous les matins depuis un an et demi, j'ai fait le même trajet, pour aller au travail. 

Pourtant, par rapport à d'habitude, les rues et les transports m'ont paru tellement calmes... Je suis passée devant des écoles, devant un grand lycée… et personne dehors.

A se demander si ce n’était pas un matin de vacances scolaires. Pas de profs en train de griller leur clope devant le portail, seulement 2 jeunes filles que j’ai écouté brièvement parler “t’as vu ce qu’il s’est passé à Paris vendredi soir ? ça fait trop peur non?”

pray for paris

D'habitude, les gens sont plutôt dans leur bulle, déconnectés de ce qui les entoure. 

Ils marchent sans prêter attention aux autres, le nez dans leur smartphone ou la musique à plein tube dans leurs oreilles. Ça se rentre dedans à tout va sans s’excuser quand ça ne vous insulte pas, ça ne dit pas bonjour, pas merci… Ce sont d’ailleurs ces traits si caractéristiques des grandes villes qui m’ont fait me sentir très très mal lors de mon arrivée à Lyon.

 Mais ce matin, il y a eu quelque chose de nouveau. Ce matin, chacun faisait attention à son prochain, était attentif à l’autre. 

Ce matin, les gens attendaient patiemment sur le quai du métro que les passagers soient sortis pour rentrer. Et tout s’est fait sans agitation, sans bousculade (alors qu’en un an et demie, à part les jours de pont, y’en a de la bousculade!)
 
Ce matin, j’ai laissé passer un vélo du bon côté du trottoir (tu sais, celui qui est bien lisse, celui où quand tu es en 2 roues, tu kiffes rouler!). Pour la première fois, j’ai entendu un “Merci”. D’habitude, je pourrais presque lui courir après, pour que ce merci me soit juste marmonné!

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Un peu plus loin, un technicien de la ville de Lyon entretenait, comme tous les matins, les trottoirs de la rue. Si d’habitude il ne fait pas trop attention a qui passe à côté, ce matin il marquait des pauses. Il observait les gens passer, il discutait avec eux. Ce matin, cette personne comme toutes celles de la rue avaient besoin de se parler.

Ce matin, les gens se regardaient tous, et se souriaient. Sans rien dire, sans se connaître, sans forcément d’être déjà vu, ils se souriaient. 

Ils ont levé la tête sur le monde qui les entoure, me donnant envie de lever la mienne. Je suis arrivée sur cette grande et belle avenue Lacassagne, et avant de rejoindre mon bureau, j’ai pris deux minutes pour observer la rue.

Pour apprécier les bâtiments qui m’entourent, leurs couleurs au levé du jour, les arbres préparant leurs feuillages à passer l’hiver.

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J’ai pris deux minutes pour apprécier ce mois de Novembre qui s’éternise en douceur, nous offrant de magnifiques cieux au levé et couché du jour.
J’ai pris deux minutes pour apprécier la vie, me rappelant son caractère éphémère.
Deux minutes pour apprécier d’être là, d’être aimée, pour me rappeler de sourire, de défendre nos valeurs, de résister à l'oppresseur.
Deux minutes pour me rappeler de rester debout, de marcher droit, la tête haute, fière de mon pays, de ma patrie.

J’ai la gorge serrée, les larmes jamais très loin. Et pourtant ce matin, en allant au travail, toutes ces petites choses m’ont rassurées, m’ont données l’envie d’avancer, l’envie de croire, l’envie d’aimer.

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Mon bureau se trouve au dernier étage de mon bâtiment. Je vois le soleil se lever sur Lyon, briller sur la tour crayon. Et très naïvement, j’ai envie de croire que tout va bien se passer, tout va aller bien. Que cette nouvelle semaine qui se lève sur la France est prometteuse de belles choses.

 Prenez bien soin de vous. Aimez-vous. Respectez-vous. Et marchez la tête haute. C’est vraiment ce que j’ai besoin de vous dire ce matin.




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A bientôt