mercredi 25 novembre 2015

Le château de ma mère - Marcel Pagnol


Je continue dans ma rubrique lecture de classique dans la saga Pagnol. 

L’été et les vacances m’ont permis de bien avancer dans la relecture des Souvenirs d’enfance de l’auteur. Je vous ai parlé il y a quelques temps du premier tome de la quadrilogie, la Gloire de mon Père. Aujourd’hui, je vais vous donner mon avis sur le deuxième tome : Le Château de mon Père.


L’auteur reprend le récit de ses souvenirs d’enfance suite au magnifique épisode des bartavelles qui ont fait le succès de son père, Joseph. Les bartavelles ayant pu être retrouvées grâce à l’aide de Marcel, il est admis dans le clan des chasseurs et participent à toutes les parties avec son père et son oncle. Il est accompagné de Lili, son fidèle compagnon.

Comme toutes les bonnes choses ont une fin, les premières vacances à la Bastide neuve touche à leurs fins. La rentrée des classes s’annoncent et il est temps pour la famille Pagnol de repartir en ville. 

Au plus grand désespoir de notre auteur, qui ne conçoit plus sa vie loin de cette campagne qu’il a adopté. Il tente même de fuguer afin d'échapper au retour en ville. C’est tellement touchant de lire cet attachement de l’auteur, enfant à l’époque, pour ce terroir, pour ces gens, pour ces loisirs. Je suis d’autant plus touchée que cela me rappelle mon propre attachement pour mon village en Corse.

L’auteur, bien aidé de sa mère, fait preuve de persuasion et de stratagèmes pour convaincre le père de retourner, chaque week-end, à la Bastide neuve. Chose que le chef de famille décide d’accepter. Mais le chemin est long : à l’époque, pas de voiture, pas de bus ou de tramway pour faire le chemin.



Ce fastidieux voyage met à rude épreuve le courage de la famille.
C’est alors qu’un ancien élève de Joseph fait son apparition dans l’histoire. Ce monsieur, travaillant pour l’entretien du canal longeant la route vers la Bastide neuve, possède un passe de clés permettant de traverser plusieurs propriétés, et de gagner ainsi presque une demie journée de marche sur le voyage jusqu’à la maison. Il propose un double de ces clés à la famille Pagnol, au bon souvenir de son instituteur.

A force d’argument, Joseph accepte. Mais l’angoisse habite chaque week-end la famille : et s’ils se faisaient prendre par les propriétaires des lieux ? S’ils portaient plainte contre la famille, que le déshonneur tombait sur leur nom ? 

Pagnol raconte ici avec humour et tendresse ces voyages en famille, cette traversée épique qui représentait une véritable aventure pour eux. Il rapporte avec beaucoup d’émotion la terreur de sa mère, qui ne voulait pas déranger, pas se faire prendre. Il revient avec grand plaisir sur les rencontres le long de leur chemin : les propriétaires sympathiques et heureux de les revoir chaque semaine, les moins sympathiques, tellement effrayant qu’Augustine en tombe dans les pommes…

Cet événement d'ailleurs, sur cette propriété, cet évanouissement, ce sont les premiers éléments qui ont valu à cette bâtisse le doux surnom de “Château de ma mère”.


Ces souvenirs sont dans la lignée du premier tome : les descriptions sont tellement bien écrites que l’on est plongé dans l’univers de l’auteur, à la manière d’une pensine de Harry Potter ! On ressent l’angoisse et la peur de la famille à chaque traversée, la colère de Marcel de tomber sur un propriétaire peu conciliant et enclin au dialogue, qui traumatise sa pauvre mère qu’il adore et respecte toujours autant…

Dans ce deuxième tome, j’ai vraiment adoré la tentative de fugue de Marcel, se voyant vivre dans une grotte avec Lili. Puis, le courage de l’enfant-aventurier qui décline, au fur et à mesure que celui ci s’approche de la grotte. La peur des bruits nocturnes de la nuit, la recherche d’un pretexte coûte que coûte pour fuir sa propre idée ! Et enfin, l’argument tellement bête, mais que croit dur comme fer Lili, qui permet à Marcel de rejoindre la Bastide et de finalement, affronter la rentrée des classes.

La fin de ce roman, par contre, m’a vraiment laissé une drôle d’impression. En effet, on y apprend de manière un peu brute de pomme, la triste mort de plusieurs des personnages. Je pense que cela retranscrit bien la douleur qu’a pu ressentir l’auteur, décrit comme quelqu’un d’optimiste et d’entier, il n’a certainement pas voulu s’étendre sur le sujet pour ne pas remuer le couteau dans la plaie.

Bon je m’emballe hein, tout cela n’est que supposition. 

Mais j’ai trouvé ces annonces vraiment un peu trop brutales, et pas forcément bien amenées. Le dernier moment hyper touchant, c’est à la fin du roman. Lorsque l’on apprend que l'auteur est devenu le nouveau propriétaire du “Château de ma mère”. Ce pied de nez à la vie, ce coup royal du destin. Comme quoi, même plusieurs année, les lieux de notre enfance peuvent nous réserver de très belles surprises.


En bref, si vous avez aimé la Gloire de mon Père, vous ne pourrez pas résister à la suite des souvenirs d’enfance de Marcel Pagnol.



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

A bientôt