mercredi 13 janvier 2016

Lettre à Y.


Cher Y.,

4 ans que l’on ne s’est pas vu.
3 ans que tu m’as envoyé ton dernier mail. 

Je l’ai gardé un moment dans la boîte mail, c’était le premier de la pile, celui qui te revient en plein dans la face chaque fois que tu te connectes.

J'ai mis du temps mais ça y'es, je l’ai effacé, tellement ça faisait mal de voir que nous étions resté sur un : “viens à la maison, boire l’apéro avec ta chérie. Je vais bientôt me marier, je ne peux pas concevoir que tu ne connaisses pas déjà mon futur mari.”

Est ce que S. est encore tombée sur ce mail ?
Je me rappelle que la dernière fois où elle a vu que nous étions en contact, elle t’a passé un sacré savon…

Alors qu’il n’y avait aucun mal à prendre des nouvelles de son ami.
Alors qu’il n’y a aucun mal à avoir une amitié fille/garçon…

J’ai rêvé de toi cette nuit.
Du coup, je me suis aperçue que tu me manquais beaucoup plus que ce que je voulais m’avouer.
Je me suis aperçue que j’avais toujours terriblement envie de te parler, de savoir ce que tu devenais, bien qu’indirectement, j’ai des nouvelles (merci à ta maman, qui ne doit pas se rendre du mal de chien que ça me fait à chaque fois qu’elle prononce ton prénom).

J’ai rêvé de toi cette nuit.
Et du coup, j’ai eu besoin de t’écrire. Je suis sûre que si tu lisais ça, tu dirais que c’est du tout moi, que je n'ai pas changé d'un poil. Et pourtant, j'ai changé... oui toutes ces années m'ont quand même servie. Je suis devenue plus calme, plus réfléchie, moins impulsive, plus posée. Mais ce qui ne change pas, c'est ma capacité à culpabiliser...

Je m’en veux tellement. 
J’aurais dû écouter mon instinct et directement lui écrire à elle, lui expliquer notre amitié, lui montrer que je ne suis pas une mauvaise personne, que je ne suis pas le mal, que s'il y avait bien une personne dont elle n'a rien à craindre, c'est moi.
Tu as eu peur que je sois trop violente, trop directe. C’est vrai que j’ai tendance à manquer de tact et de diplomatie. Mais au moins je ne m’en voudrais pas de ne pas avoir tout tenté pour notre amitié.

J’aurais voulu être là quand tu as dû traverser certaines pertes dans ta famille. Te consoler parce que je sais le PUTIN de mal que ça fait. Je sais qu’on n’est plus pareil après.

Je t’en veux beaucoup aussi.
Même si cela ne sert à rien. J’ai l’impression que tu n’as rien tenté. Tu ne t’es pas battu pour tes amis, tu n'as pas laissé que moi en plan, tu nous as laissé TOUS LES 3, avec Lolo et Bapt. Peut être que tu t’en foutais royalement depuis le début, et que nous ne nous en sommes jamais aperçus, que nous ne nous en sommes jamais douté.

J’ai l’impression que tu nous a abandonné, et je n’ai aucune réponse à apporter à cela. Ni pourquoi, ni comment. Et avoir des questions sans réponse, ça me rend tellement dingue….

Est ce que tu penses à nous parfois ? 
Est ce que tu te demandes ce que l’on fait, ce que l’on devient ? 
Est ce que l’on te manque parfois ? 
Est ce que tu rêves de nous, de ce que l’on était, d’où l’on vient ?

Parce que nous : oui !
On ne peut pas se voir une seule fois sans parler de toi, parce que tu fais encore trop partie de nous.
On ne peut pas s’imaginer avancer sans te retrouver un jour, parce que l’on t’aime encore trop. On fait les durs et les sans pitié, mais demain tu reviendrais c’est les bras grands ouverts que nous nous retrouverions (bon, après bien avoir vidés nos sacs aussi, faut pas déconner!)

Je sais que tu es un solitaire, que tu passes très vite à autre chose, à la suite de la vie.
Tu ne t’attaches pas, tu oublies. Comme on lit un livre, tu tournes la page, clos le chapitre, aussi simplement que ça.

Tu nous as certainement oublié, quand nos esprits torturés et meurtris te rappelle bien trop souvent à nous.
Je voudrais avoir la même capacité que toi à tout effacer, tout oublier, gommer 10 ans de ma vie.

Non en fait, je ne veux pas oublier. Parce que même s'il est vain, cet espoir de te revoir un jour, de partager avec toi une si belle amitié, il me fait vivre. Il me fait me sentir vivante, et c'est pour ça que nous, Lolo, Bapt et moi, nous survivons, nous nous aimons et nous serrons les coudes.

Prends soin de toi...

3 commentaires:

  1. Je suis de ceux qui oublient. Qui tissent un trait définitif sur les gens qui m'ont fait souffrir. Je suis partisan de cette méthode certes extrêmement douloureuse mais seulement une fois pour toute, et après ce n'est qu'une vague tristesse digérée qui revient juste de temps en temps. Mais pas de regrets !
    Courage.

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    Réponses
    1. Oui je vais m'accrocher et cette douleur disparaîtra. Il ne restera qu'un bon souvenir :)

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    2. Oui je vais m'accrocher et cette douleur disparaîtra. Il ne restera qu'un bon souvenir :)

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A bientôt